Regarde-moi.
Regarde à quel point je ne suis pas toujours ce que tu vois.
Regarde le pit-bull transformé en bâtard sur trois pattes. En déséquilibre frileux, la mâchoire qui lâche.
Coincé entre deux vents contraires, en utopique galopade, par réflexe de mauvaise survie, sans jamais assez avancer.
Fantomatique fantoche sur la patinoire d'un sang trop blanc, d'une tête cassée. Et de l'épuisement, en bestiole carnavalesque, aux crocs plantés dans la nuque.
Regarde-le, le cinglé, perdu, les bras tendus qui avance dans la quasi-nuit du "c'est pas sûr mais faut vraiment essayer".
Faire du sur-place, entre le "demain vaut le coup" et "ah ben oui c'est pas facile".
La tête sous les couettes, en espérant que ça passe tout seul.
Regarde vraiment, la laideur pathologique de ma tronche. Le sourire mou en automatisme stupide.
Le visage caoutchouc, que j'ai déjà tenté d'arracher, en commençant derrière les oreilles, pour montrer ma vérité du vide, du "personne" sous cette façade plastifiée mal imitée.
Décoller la devanture à pleines poignées, en étant certaine de devoir le faire, pour prouver autrement que par des mots incompréhensibles que je ne suis qu'une non-peau.
Si je pue la trouille et le doute, c'est que je transpire trop la fatigue aigre.
Si je planque ma tête sous mes mains, c'est que je ne ressemble plus à rien.
Si j'essaie de ramper hors de moi, c'est pour l'envie d'être quelqu'un d'autre.
Que cette image du n'importe quoi, roulé en boule sous la table.
Je suis pas si fort que tu crois.
Je suis pas beau.
Regarde à quel point je ne suis pas toujours ce que tu vois.
Regarde le pit-bull transformé en bâtard sur trois pattes. En déséquilibre frileux, la mâchoire qui lâche.
Coincé entre deux vents contraires, en utopique galopade, par réflexe de mauvaise survie, sans jamais assez avancer.
Fantomatique fantoche sur la patinoire d'un sang trop blanc, d'une tête cassée. Et de l'épuisement, en bestiole carnavalesque, aux crocs plantés dans la nuque.
Regarde-le, le cinglé, perdu, les bras tendus qui avance dans la quasi-nuit du "c'est pas sûr mais faut vraiment essayer".
Faire du sur-place, entre le "demain vaut le coup" et "ah ben oui c'est pas facile".
La tête sous les couettes, en espérant que ça passe tout seul.
Regarde vraiment, la laideur pathologique de ma tronche. Le sourire mou en automatisme stupide.
Le visage caoutchouc, que j'ai déjà tenté d'arracher, en commençant derrière les oreilles, pour montrer ma vérité du vide, du "personne" sous cette façade plastifiée mal imitée.
Décoller la devanture à pleines poignées, en étant certaine de devoir le faire, pour prouver autrement que par des mots incompréhensibles que je ne suis qu'une non-peau.
Si je pue la trouille et le doute, c'est que je transpire trop la fatigue aigre.
Si je planque ma tête sous mes mains, c'est que je ne ressemble plus à rien.
Si j'essaie de ramper hors de moi, c'est pour l'envie d'être quelqu'un d'autre.
Que cette image du n'importe quoi, roulé en boule sous la table.
Je suis pas si fort que tu crois.
Je suis pas beau.
06.04.06



