On fatigue et on retrouve des feuillets oubliés.

Regarde-moi.
Regarde à quel point je ne suis pas toujours ce que tu vois.
Regarde le pit-bull transformé en bâtard sur trois pattes. En déséquilibre frileux, la mâchoire qui lâche.
Coincé entre deux vents contraires, en utopique galopade, par réflexe de mauvaise survie, sans jamais assez avancer.
Fantomatique fantoche sur la patinoire d'un sang trop blanc, d'une tête cassée. Et de l'épuisement, en bestiole carnavalesque, aux crocs plantés dans la nuque.

Regarde-le, le cinglé, perdu, les bras tendus qui avance dans la quasi-nuit du "c'est pas sûr mais faut vraiment essayer".
Faire du sur-place, entre le "demain vaut le coup" et "ah ben oui c'est pas facile".
La tête sous les couettes, en espérant que ça passe tout seul.

Regarde vraiment, la laideur pathologique de ma tronche. Le sourire mou en automatisme stupide.
Le visage caoutchouc, que j'ai déjà tenté d'arracher, en commençant derrière les oreilles, pour montrer ma vérité du vide, du "personne" sous cette façade plastifiée mal imitée.
Décoller la devanture à pleines poignées, en étant certaine de devoir le faire, pour prouver autrement que par des mots incompréhensibles que je ne suis qu'une non-peau.

Si je pue la trouille et le doute, c'est que je transpire trop la fatigue aigre.
Si je planque ma tête sous mes mains, c'est que je ne ressemble plus à rien.
Si j'essaie de ramper hors de moi, c'est pour l'envie d'être quelqu'un d'autre.

Que cette image du n'importe quoi, roulé en boule sous la table.
Je suis pas si fort que tu crois.
Je suis pas beau.



06.04.06

# Posté le mardi 17 avril 2007 17:21

Crédibilité zéro

Crédibilité zéro
Un semblant d'écriture en expectoration de ce trop plein qui frôlerait presque le comique si il ne ressemblait pas autant à une malédiction perfide continue, le genre cousue main.

Crédibilité zéro parce que je suis pas ni trop, ni pas assez. Je suis pas un putain de cliché de drame amerloque avec des musiques niaises, ni un livre noir bien cradingue du début à la fin. Parce que le plus souvent, je reste optimiste. Et que, si je ne crois plus du tout en la chance, je crois en ma capacité d'endurer.
Malgré les emmerdes, les aggravations, les connards, les lâches croisés...

J'ai aussi des envies de rires, de baise, de peau, de petits voyages, de légèreté, de cuites, même de douceur des fois. J'ai un reste de vie à remplir, et j'y mets autant de bon que je peux, avec l'aide de mes proches parfois, mes très proches, qui pourtant souvent ne me doivent rien, mais sont là, et laisse moi te dire qu' être là et y rester, quand je cache rien, quand ça pète, faut être sacrement couillu.
Je tente d'équilibrer.

Crédibilité zéro parce que quand l'envie de m'arracher la peau de ma putain de sale gueule, de douleur, de ras le bol, d'épuisement, de tenter de ramper hors de mon corps pour m'évaporer en brume grise qui schlinguerait la pourriture, de hurler à en tomber à genoux, de passer mes poings au travers des vitres, ben je me cache... pauvre merde. Je le fais pas sous ton nez.


*

Avril tue le papier.
Avril tue les résistances à la rouille mentale.
Avril tue même la naïveté que j'avais appris à développer vis-à-vis de lui.
À croire ce qu'il dit, à croire qu'il fera, quand il le dit.
Avril tue tous les cons d'espoirs, les espoirs du con.
Avril me rappelle que je ne les aurai jamais, les ailes, légères.
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# Posté le mardi 17 avril 2007 16:55

Modifié le mardi 17 avril 2007 17:14

Pas facile de trouver un titre.

Pas facile de trouver un titre.
*

Dans la bulle de ma tête, il y a des envies jolies de vie douce et nouvelle, de vie à moi et que personne n'a fait, de vie en rires et en confettis de coeur.

*

Il parait que mes articles sont trop longs. Ca me fait rire. Parce que les gens trouvent trop longues mes idées, mes pensées. Soufflez, vous n'êtes pas dans ma tête, c'est encore pire.

*

Ca fait combien de temps que j'ai pas souri en me regardant dans la glace ?

*

Je commence à m'aimer assez pour penser qu'on peut m'aimer en retour, pour y croire encore et toujours, mais un peu plus qu'avant.

*

J'écris chaque jour une nouvelle page de cette lettre dans ma tête. Chaque jour des nouvelles réflexions, chaque jour gagner un peu de confiance en moi, effacer ma colère, comprendre, en rire un peu. Penser au jour où j'écrirai cette lettre. Me demander quel sera le timbre que je mettrai dessus.

*

J'ai la sensation que tu as posé ton coeur sur l'autoroute. J'espère que je me trompe.

*

Je me suis moi-même étranger. Toutes les choses que je fais, des fois, ce n'est pas moi mais quelqu'un d'autre.

*

C'est le printemps. j'avais oublié à quel point j'aimais ça.

*

Besoin d'argent, beaucoup, parce qu'il y a trop de choses à prévoir, trop de choses importantes.

*

Après ? Après je ne sais pas. Le temps n'est pas encore aprivoisé.

*

Je rends l'antenne. Un bisou et au lit.

# Posté le dimanche 25 mars 2007 14:57

Modifié le dimanche 25 mars 2007 15:12

Peu importe, ce qui est fait est fait.

Peu importe, ce qui est fait est fait.
Photo : Nyko (rien à voir avec l'article, donc !)






Il y a déjà quelques années,
Lors d'une expérience malheureuse,
Je me suis ardemment questionné
Sur les amitiés généreuses
Que l'on pouvait lier avec n'importe qui.



Je m'étais alors rendu compte
Que lorsqu'on était trop gentil,
Il ne fallait pas avoir honte
De la progressive apathie
Qui finit par nous empoisonner la vie.



On s'investit, on rend service,
Sans se douter un instant
De cette volatile avarice
Qui dévore ces charlatans
Soi-disant amis de quinze ans.






- Bon, allez, on retourne au boulot. -

# Posté le mardi 20 mars 2007 15:35

Modifié le dimanche 25 mars 2007 14:41

Charlie Manson est mon héros.

Charlie Manson est mon héros.
Je tiens ce monde pour ce qu'il est : un théâtre où chacun doit jouer son rôle.
Le Marchant de Venise, William Shakespeare


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Même si
l'ennui et le dégoût de vivre tenaillent le coeur de l'Homme en installant dans son esprit un ardent besoin d'Evasion vers des paradis artificiels...


Même si
tout est fait pour que l'Homme ne prenne pas ses responsabilités et que la Justice semble avoir perdu du c½ur...


Même si
l'Essentiel est à découvrir chaque jour et que l'on soit obligé de le défendre afin qu'il ne meure pas...


Même si
les espaces de silence et de paix sont envahis par le bruit et l'agitation à tel point qu'il devient difficile de s'Habiter soi-même...


Même si
la liberté d'Aimer le Beau, le Vrai et le Bien, doit se payer très cher...


Même si
toutes sortes de Masques cachent notre peur de la Vérité et construisent jour après jour un Personnage encombrant...


Même si
on ne sait plus comment sortir du malaise de l'Absurde et que l'on ait perdu le goût de vivre...


Même si
tout est récupéré et que les Mots deviennent courts pour dire ce que l'on porte au fond de soi-même....


Peut-être y a-t-il encore
quelque Chemin à découvrir
une Chance à saisir,
une Lumière quelque part,
une Terre à Aimer ?

# Posté le lundi 19 mars 2007 08:42

Modifié le mardi 20 mars 2007 02:05